Coalition citoyenne pour la sauvegarde de la Pointe d'Argentenay de l'île d'Orléans

La dernière goutte d’eau

« Quand le dernier arbre aura été abattu / Quand la dernière goutte d’eau aura été puisée / Quand les traces de notre passé auront été foulées du pied / On saura alors que le récréotourisme ne fait plus rire personne »
– auteur inconnu sans doute inspiré par le chamane et guerrier Géronimo.

Certains philosophes du Ve siècle av. J.-C. avançaient l’idée que le monde était constitué de quatre éléments de base: la terre, l’air, le feu et l’eau. C’est sur ce principe qu’a germé cette idée qu’à la Pointe d’Argentenay se joue une pièce de théâtre où les rôles sont ainsi distribués: l’agriculture joue la terre, l’environnement joue l’air, l’intrus Huttopia a mis le feu aux poudres et l’eau joue son propre rôle. Dans le scénario comme dans la vie, l’eau et le feu ne font pas bon ménage! D’entrée de jeu, le feu s’est imposé sans se soucier de l’eau qui, bien qu’absolument essentielle pour tempérer les ardeurs de qui vous savez, se fait rare et se questionne à savoir si elle pourra satisfaire encore longtemps la terre et l’air.

Nous invitons nos lecteurs et lectrices à compléter le scénario à leur guise (et à nous le faire connaître à coalitioncspa@gmail.com ou via Laisser un commentaire). Pour ce faire, quelques informations et interrogations devront être prises en considération de même que le postulat de base qui admet que le village récréotouristique, imaginé par Huttopia à la Pointe d’Argentenay de l’Île d’Orléans, va s’approvisionner en eau à partir de l’aquifère (Formation géologique poreuse ou fissurée qui emmagasine l’eau).

Voici donc une liste de points à considérer:

  • Quelle quantité d’eau faudra-t-il pomper du sous-sol pour satisfaire un village de 500 personnes sur une durée minimale de 4 mois tous les ans?
  • Cette extraction massive va-t-elle
    • priver d’eau les résidences et les agriculteurs du voisinage?
    • provoquer l’assèchement de l’environnement immédiat et éloigné (ruisseaux, lacs, milieux humides)?
    • aspirer les contaminants de surface vers les eaux profondes où s’approvisionnent les résidents de la Pointe?
    • amener graduellement à une salinisation de l’eau douce?
  • Peut-on se permettre un tel prélèvement d’eau dans le contexte des changements climatiques où l’on prévoit des sécheresses de plus en plus fréquentes?

Autant de questions que nous vous enjoignons à examiner attentivement lors de l’écriture de votre scénario. Qui sait si vos contributions imaginatives ne nous inciteront pas à monter la pièce « La dernière goutte d’eau » et à la jouer sur la scène du centre communautaire de Saint-François-de-l’Île-d’Orléans?

Les internautes qui souhaiteraient en apprendre davantage sur l’épineuse question de l’eau, avant de se lancer dans l’écriture, pourront le faire dans de prochaines publications sur ce site, sous le titre générique « L’eau de l’Île ».

Une image vaut 1000 mots

Parce qu’une image vaut 1000 mots, nous avons produit une Carte Interactive démontrant l’étendue du projet Huttopia sur la forêt de la Pointe d’Argentenay.

Cette carte s’inspire directement des plans d’aménagement du promoteur, accessibles dans la section Documents de ce site. Cette publication est un complément de l’article publié sur la page Facebook en octobre dernier intitulé « Le projet Huttopia à Saint-François de l’Île d’Orléans en quelques informations factuelles ».

Rappelons que la demande d’autorisation pendante devant la CPTAQ vise le morcellement du lot 190 de manière à accueillir sur 12 hectares les activités des Scouts du district de Québec et sur 21 hectares les nouveaux aménagements d’Huttopia : 122 sites : 20 chalets, 47 tentes prospecteurs avec salle de bain, 23 tentes sans salle de bain, 32 emplacements à nu (camping rustique), centre d’accueil, logement de personnel, salle de séminaires, restaurant, bar, piscine, dépanneur, infrastructures en eau potable et pour eaux usées, 4 stationnements, sentiers, etc.

125 ans d’agriculture

Bazile LaSalle Sanschagrin se serait établi à St-François un peu avant 1797, date de son mariage avec Marie Gagné, résidente de St-François. Il prend alors possession d’une terre, le lot 190, cultivée depuis déjà 130 ans. De ce premier mariage sont issus 5 enfants dont François-Xavier qui poursuivra l’exploitation du domaine à la mort de Bazile en 1836 …

Voici le second volet de l’histoire du lot 190:
Partie 2 – 125 ans de production agricole chez les Sanschagrin